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Gloss Tokyo · Haute Joaillerie · Chanel

Chanel

En 1932, en pleine Grande Dépression, la Guilde internationale du Diamant demande à Gabrielle Chanel de créer une collection pour relancer les ventes de diamants. Elle accepte — et produit la première collection moderne de haute joaillerie structurée autour d'une unité de thème, de temps et de lieu. Elle la présente non pas chez un joaillier de la Place Vendôme, mais dans son propre appartement du 29 Faubourg Saint-Honoré. Les joailliers de la Place Vendôme, qui considéraient une couturière hors de leur territoire, n'en reviennent pas. Elle fait ensuite démonter une grande partie des pièces. Quatre-vingt-dix ans plus tard, la collection 1932 est l'axe central de la haute joaillerie de la Maison. À Tokyo, deux tours de verre portent cette histoire dans Ginza depuis 2004.


L'Histoire · Une Couturière Dans Le Territoire Des Joailliers

Gabrielle Chanel n'aimait pas les bijoux au sens où ses contemporains les entendaient. Elle écrit : "Je n'aime pas la pierre pour la pierre, le gros diamant-navette, le bouchon de carafe qui constitue une référence, un signe extérieur de richesse." Ce qu'elle aimait, c'était la ligne — que le bijou soit sur le corps comme un ruban. En 1932, quand la Guilde internationale du Diamant la sollicite, elle conçoit avec le dessinateur Paul Iribe et le manifeste de Jean Cocteau une collection d'une modernité qui scandalise. Des colliers sans fermoir. Des bagues ouvertes qui donnaient l'impression que les diamants flottaient sur les doigts. Une frange de diamants portée en diadème. Des étoiles, des comètes, des soleils — la carte du ciel contemplée, enfant, dans les mosaïques du couvent d'Aubazine. Tout en diamants, sur platine, sans monture apparente. L'exposition se tient dans son appartement privé du 29 Faubourg Saint-Honoré. Elle fait ensuite démonter une grande partie des pièces. La Maison n'y reviendra qu'en 1993, quand Karl Lagerfeld relance la joaillerie en hommage à cette collection. La collection 1932, présentée pour le quatre-vingt-dixième anniversaire en 2022, est la continuation directe de ce geste fondateur.


Les Deux Tours De Ginza · Peter Marino · Le Verre Inventé

Peter Marino a travaillé avec Chanel pendant plus de vingt-cinq ans. Les deux tours Chanel de Ginza — la grande tour de dix étages inaugurée en 2004 et la tour Namiki de neuf étages ouverte en 2018 — sont pour lui les bâtiments dont il est le plus fier. Pour la tour de 2004, Marino a inventé avec des ingénieurs autrichiens un nouveau type de verre — un rideau-mur qui encapsule un bloc d'aluminium en motif tweed, avec sept cent mille diodes électroluminescentes intégrées dans la façade. La nuit, le bâtiment de cinquante-six mètres projette des motifs et des animations sur sa surface — le tweed noir et blanc traduit en architecture lumineuse. Pour la tour Namiki, il a conçu une structure élancée de neuf étages avec une seule pièce par étage, dont les fenêtres de dimensions variables font du bâtiment un objet sculptural. L'artiste Shuji Mukai, membre du mouvement radical Gutai — précurseur de l'arte povera — a créé des panneaux abstraits pour la façade lors de l'ouverture.

Chanel Ginza · La Tour Principale · Le Tweed En Façade
Chuo-dori · Ginza · Chūō-ku · 10 étages · 56 mètres · Peter Marino 2004 · Façade tweed LED · Salle de concerts · Restaurant · La plus grande boutique Chanel du Japon à son ouverture

La tour Chanel de Ginza, inaugurée le 4 décembre 2004, est à son ouverture la plus grande boutique Chanel du monde — répartie sur dix niveaux avec une salle de concerts, un restaurant et des espaces de vente exclusifs. La façade de verre et d'aluminium en motif tweed noir et blanc est la traduction architecturale la plus directe qu'une Maison ait jamais faite de son propre tissu. Le tweed est le matériau fondateur de Chanel depuis 1924 — Gabrielle Chanel l'emprunte au vestiaire masculin écossais, le décontracte, en fait le signe de la femme libre. Peter Marino le traduit en trois dimensions et en sept cent mille diodes. La nuit, la tour s'anime sur la Chuo-dori comme un objet de lumière dont le programme change selon les saisons. L'intérieur — sols en granit blanc, panneaux à feuille d'or, mobilier en tweed laqué, escalier en marbre noir dans un atrium de quatre étages — est la continuité intérieure de cette logique : chaque matériau est une référence à la Maison.

Chanel Ginza Namiki · La Tour Sculptée · 2018
Namiki-dori · Ginza · Chūō-ku · 9 étages · Une pièce par étage · Peter Marino 2018 · Shuji Mukai Gutai · Salon VIP 9e étage · Haute couture et haute joaillerie

La tour Namiki, ouverte en 2018 sur l'emplacement de la première boutique Chanel de Tokyo de 1994 — démolie car hors normes parasismiques — est une structure élancée de neuf étages avec une seule pièce par étage. Les fenêtres intentionnellement irrégulières font du bâtiment un objet sculptural dont la lecture change selon l'angle. L'artiste Shuji Mukai, figure du mouvement Gutai fondé à Osaka en 1954 — l'un des mouvements artistiques les plus radicaux du Japon d'après-guerre, fondé sur le contact direct entre l'artiste et la matière — a créé des panneaux abstraits pour la façade lors des deux premiers mois. Le salon VIP du neuvième étage est l'espace où Chanel présente ses collections de haute joaillerie à Tokyo.

La Haute Joaillerie Chanel · Les Six Motifs · Les Symboles De La Maison
Le Lion · Le N°5 · La Comète · Le Ruban · La Plume · Le Camélia · Collections Sous le Signe du Lion · Tweed de Chanel · Bijoux de Diamants 1932 · Patrice Leguéreau directeur du Studio de Création Joaillerie

La haute joaillerie Chanel repose sur six motifs fondateurs — le Lion, le N°5, la Comète, le Ruban, la Plume et le Camélia — réinterprétés saison après saison par le Studio de Création Joaillerie. Chaque motif porte une histoire précise. Le Lion est l'animal fétiche de Gabrielle Chanel, née sous ce signe. La Comète vient de la collection 1932 — le collier ouvert qui file autour du cou. Le Camélia, fleur sans parfum que Coco Chanel affectionnait précisément pour cette raison : elle voulait que le bijou brille, pas qu'il sente. Chanel est l'une des rares Maisons de mode à disposer d'un studio et d'ateliers dédiés à la haute joaillerie avec sa propre adresse place Vendôme. Ce que Ginza reçoit vient directement de ces ateliers.

La Direction Artistique · La Transition · Ce Que Tokyo Attend
Virginie Viard · Départ juin 2024 · Transition créative en cours · Studio de Création Joaillerie sous direction de Patrice Leguéreau · Continuité de la haute joaillerie · La clientèle japonaise attentive aux transitions

Virginie Viard quitte la direction artistique de Chanel en juin 2024 après cinq ans à ce poste. La Maison n'a pas encore confirmé officiellement son successeur à la date de publication de ce texte. La haute joaillerie de la Maison — dont le Studio de Création est indépendant des collections mode — continue sous la direction de Patrice Leguéreau, dont le travail s'appuie sur les six motifs fondateurs. La clientèle japonaise, qui suit avec une attention particulière les changements de direction créative dans les grandes Maisons, attend la prochaine nomination avec l'intérêt qu'elle accorde à tous les moments où une Maison doit se redéfinir sans s'effacer.

La Galerie Du 19M · L'Artisanat Comme Programme
Campus 19M · Aubervilliers · Onze Maisons d'art · Sept cents artisans · Galerie itinérante · Maison Lesage · Broderies · Transmission · Artisanat franco-japonais

Le 19M est le campus d'Aubervilliers où onze Maisons d'art de Chanel et près de sept cents artisans experts sont réunis depuis 2022 — plumassiers, brodeurs, gantiers, tailleurs, bottiers. Une version itinérante de sa galerie a été présentée à Tokyo, conçue autour des métiers de la main et d'une collaboration entre créateurs français et japonais. La rétrospective dédiée à la Maison Lesage, brodeur de Chanel depuis des décennies, célèbre un siècle de broderies. Ce déplacement du 19M à Tokyo continue la logique inaugurée par la première exposition Métiers d'art hors de France à Ginza en 2004 : traiter Tokyo avec la même densité de contenu que Paris, parce que sa clientèle sait lire cette densité.

Le Premier Défilé À Tokyo · 1978 · La Relation Longue
Premier défilé Chanel Tokyo 1978 · Première exposition Métiers d'art hors de France Ginza 2004 · Tokyo comme adresse de référence depuis le début · La Maison et le Japon · Quarante-cinq ans de présence

Chanel défile à Tokyo en 1978 — l'année même où Louis Vuitton ouvre ses premiers magasins au Japon. Ce n'est pas une coïncidence commerciale : 1978 est l'année où les grandes Maisons parisiennes comprennent que le Japon mérite qu'on y vienne soi-même. La première exposition Métiers d'art de Chanel hors de France se tient à Ginza en 2004 — la même année que l'inauguration de la grande tour de Peter Marino. Ces deux événements simultanés disent quelque chose sur la façon dont Chanel pense Tokyo : non pas comme un marché d'exportation mais comme une adresse de référence, au même rang que Paris. Quarante-cinq ans de présence continue. Deux tours. Six motifs. Et la collection 1932 qui brille encore.


En 1932, en pleine Grande Dépression,
Gabrielle Chanel présente
la première collection moderne
de haute joaillerie structurée autour d'un thème
dans son propre appartement.
Les joailliers de la Place Vendôme
n'en reviennent pas.
Elle fait démonter une grande partie des pièces.
Quatre-vingt-dix ans plus tard,
la collection 1932 est toujours
l'axe central de la haute joaillerie de la Maison.
À Tokyo, deux tours de verre
portent cette histoire dans Ginza.
La nuit, le tweed s'illumine
en sept cent mille diodes.
Le geste de 1932
brille encore.


Ce Que Tokyo Révèle De Chanel · La Joaillerie Comme Couture

La haute joaillerie Chanel est singulière non parce qu'elle est la plus ancienne ou la plus technique, mais parce qu'elle est la seule à avoir été fondée par quelqu'un qui n'était pas joaillier. Gabrielle Chanel a apporté à la haute joaillerie les principes de la haute couture — la ligne prime sur la matière, le mouvement prime sur la fixité, le bijou doit exister sur le corps d'une femme qui bouge. Cette conception — le bijou comme ruban, la comète comme collier qui s'ouvre sur le buste, la bague sans chaton qui donne l'impression que le diamant flotte sur le doigt — est lisible dans chaque pièce issue de la collection 1932. À Tokyo, dans le salon VIP de la tour Namiki, les pièces de haute joaillerie sont présentées selon cette même logique : on les essaie sur soi, dans le mouvement. Pas dans une vitrine. Pas sous un spot. Sur le corps. La clientèle tokyoïte, qui porte les bijoux avec la même précision qu'elle porte les vêtements, comprend cela sans qu'on le lui explique.

Chanel Ginza
Chuo-dori · Ginza · Chūō-ku · Tokyo
Peter Marino · 2004 · 10 étages · Façade tweed LED

Chanel Ginza Namiki
Namiki-dori · Ginza · Chūō-ku · Tokyo
Peter Marino · 2018 · 9 étages · Salon VIP haute joaillerie

Chanel Isetan Shinjuku · Chanel Takashimaya Shinjuku

Un appartement du Faubourg Saint-Honoré
en novembre 1932.
Des colliers sans fermoir,
des bagues ouvertes,
une frange de diamants en diadème.
Une grande partie des pièces démontées ensuite.
Quatre-vingt-dix ans plus tard,
deux tours de verre à Ginza
portent cette mémoire.
La nuit, le tweed s'illumine.
Le geste de 1932
brille encore dans le ciel de Tokyo.

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